SCHOOL PSYCHOLOGY IN FRANCE (2002)
School psychology as a profession was founded in 1945 by Professor Henri WALLON. The first French school psychologist, Bernard ANDREY, was appointed in Grenoble. The 50th anniversary of school psychology was celebrated in this town in October 1995 during the national convention of AFPS .
1.THE FRENCH SCHOOL SYSTEM
-Pre-elementary school (Age 2 to 5)
-Elementary school (Age 6 to 10)
-Secondary school ("collège"=,junior high school,Age 11 to 14)
-Secondary school ("Lycée"=senior high school, general, technological or professional studies, age 15 to 17):Terminal exam ("Baccalauréat")
-University: First cycle (2 years)
Second cycle (2 years) Terminal exam:"Maîtrise"
Third cycle (1year - professional degree, to 5 years - doctoral studies)
2. THE PERSONNEL
3,200 school psychologists working in public elementary and ("maternal") pre-elementary schools serving 6,500,000 pupils. Ratio 1SP/2,100pupils (due to the importance of SP retiring and a lack of recruitment of new personnel, there are currently (2003) less than 3,000 SPs effectively working.
3,000 vocational counsellor-psychologists working in public secondary schools (junior, senior high + university) serving 4,500,000 students.
250 educational psychologists working in the Catholic schools system (primary and secondary schools) serving 2,000,000 students.
3.TRAINING OF SCHOOL PSYCHOLOGISTS
"Baccalaureat" (End of secondary studies)
University(3 years) ----> "Licence" Degree
University V.C.P's Training Centre Teacher's Training Center
(2 years) (2 years) (2 years)
Higher degree V.C.P's Degree
+
specialized Teaching experience
in psychology (3 years minimum)
(DESS)
Psychologist Psychologist
(in private schools) (Vocational Counsellor) +
(in secondary schools) Selection S.P's Training
Centre(*)---> S.P's Degree
(1 year)
School Psychologist (in elementary schools)
(*) There are 6 University Training Centers: Aix en Provence, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Paris.
4.ROLES OF
SCHOOL PSYCHOLOGISTS:
To prevent school and social failure, the school psychologist works with 4 major clients: the child, the teacher, the family and the school. He/she also has a role within the global institution through in-service training, research and consultation.
With the child:
interviews, psychological asessment, counselling and therapy
With the teacher
interviews, counselling, in-service training
With the family
interviews, parental guidance
With the school
Team-work, Consultation, Organizational management
Usually school psychologists work within a team composed of 2 or 3 special education teachers (RASED, for Supporting Network to Students with School (learning, behavior, emotional) difficulties)
The school psychologist pays careful attention to children with special needs; either they are integrated in regular schools or orientated to special classes.
5.THE FRENCH SCHOOL PSYCHOLOGISTS' ASSOCIATION :
The French School Psychologists' Association (A.F.P.S) was founded in 1962. Its main goals are: The professional improvement of its members, the development of research projects in the school field, professional exchanges with other practitioners nationally and internationally.
Activities : colloquia, workshops, summer schools...
Publications : The quarterly journal "Psychologie & Education", the quarterly newsletter "Echanges", "The International Newsletter ", " Practical Pages of Psychology in Educational Setting" and various books related to current topics (colloquia and symposia proceedings for example). The first French handbook of school psychology was edited by the AFPS and published in 1997.
AFPS is an affiliate member of the French Psychological Society (SFP), of the National Council of Children's Rights (COFRADE), and of the International School Psychology Association (ISPA).
The current President of AFPS is Mr Alain BRABAN (2001-2003). National Convention October 2000 in Marseille .
Organization : The 1, 000 members (2001) of AFPS vote on the President's report, financial report and orientation project during the local General Assembly. They appoint representatives (1 to 5 members) at the National Convention (every 2 years) to elect the National Board (33 members). This Board elects the Executive Committee .
The National Board, which meets at least twice a year, settles committees, working groups and task forces .
There are currently 4 standing departments chaired and co-chaired by E.C. members: Training and Research (including several ad hoc committees and interest groups), Publications, Services and Management (including the budget committee and the membership committee), Public Relations (including the International committee and the internet home page committee).
Several ad hoc committees have been settled or renewed after the last national convention: Public Relations and Media Committee, Membership Committee, Publications Committee.
The AFPS organized the 7th ISPA colloquium in 1984 and the 24th ISPA colloquium in 2001.
LA PSYCHOLOGIE SCOLAIRE EN FRANCE (2002)
La psychologie scolaire professionnelle a été fondée en 1945 par le professeur Henri WALLON . Le premier psychologue scolaire français, Bernard ANDREY , fut nommé à Grenoble . C'est dans cette ville que le 50e anniversaire de la psychologie scolaire a été célébré en octobre 1995 à l'occasion du congrès national de l'AFPS .
1. LE SYSTEME SCOLAIRE FRANCAIS :
Ecole maternelle (pré-élémentaire) de 2 ans à 5 ans .
Ecole élémentaire (de 6 ans à 10 ans)
Collège ( de 11 ans à 14 ans)
Lycée (Général, Technique, Professionnel) de 15 ans à 17 ans ;
Le "baccalauréat" est l'examen terminal de l'enseignement secondaire; il permet d'entrer à l'université .
Université :
Premier cycle : 2 ans
Deuxième cycle : 2 ans : La "maîtrise" est l'examen terminal ; ce diplôme ne suffit pas pour accéder au
Troisième cycle : études professionnelles-1 année avec stage- sanctionnées par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) ou études doctorales -3 à 4 ans-sanctionnées par le Doctorat .
2. LE PERSONNEL :
3000 psychologues scolaires exerçant à l'école pré-élémentaire et élémentaire auprès de 6 500 000 élèves (soit un ratio de 1 PS pour 2100)élèves)En raison du départ à la retraite de nombreux PS et au manque de recrutement actuellement (2003) moins de 3000 psychologues scolaires sont effectivement en exercice.
3 000 Conseillers d'orientation -psychologues exerçant dans l'enseignement secondaire et supérieur auprès de 5 500 000 élèves et étudiants (soit un ratio de 1 COP pour 1 800 élèves)
250 psychologues de l'éducation exerçant dans les écoles privées catholiques élémentaires et secondaires auprès de 2 000 000 d'élèves (soit un ratio de 1 PE pour 6 500 élèves) .
3. LA FORMATION DES PSYCHOLOGUES SCOLAIRES :
Après le "baccalauréat qui termine les études secondaires, les futurs psychologues (toutes branches confondues) suivent un cursus de 5 années à l'université sanctionné par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Psychologie .
Dans le secteur de l'éducation, seuls les psychologues de l'enseignement privé catholique sont recrutés sur cette base .
Les Conseillers d'Orientation-psychologues de l'enseignement secondaire public
sont recrutés sur concours après la "licence de psychologie" (3e année universitaire) et préparent en 2 années dans un institut spécialisé,le Diplôme d'Etat de Conseiller d'Orientation-Psychologue (DECOP) . Ils sont nommés ensuite selon un barème national dans un Centre d'Information et d'Orientation qui dessert plusieurs lycées et collèges .
Les Psychologues Scolaires de l'enseignement primaire public (Ecoles maternelles et élémentaires) sont sélectionnés exclusivement parmi des enseignants du premier degré ayant reçu la formation d'enseignant (Licence + 2 ans dans un Institut Universitaire de Formation des Maîtres), ayant une expérience de l'enseignement d'au moins trois ans et possédant une licence de psychologie . Après cette sélection, ils préparent pendant une année dans un Centre Universitaire spécialisé le Diplôme d'Etat de Psychologie Scolaire (DEPS) .
Il existe actuellement 6 centres de formation des PS .(Paris ,Bordeaux, Lyon, Grenoble, Lille, Aix en Provence ).
4. LES ROLES DES PSYCHOLOGUES SCOLAIRES :
Afin de prévenir l'échec scolaire et social, le psychologue scolaire travaille dans 4 directions principales : avec l'enfant, avec la famille, avec le maître, avec l'école . Il a un rôle dans l'institution globale en participant à la formation continue, ainsi que par la recherche et la consultation organisationnelle.
Avec l'enfant: entretien et examens psychologiques, suivi psychologique .
Avec le maître : entretiens , consultation, formation continue.
Avec la famille : entretiens, guidance parentale ,
Avec l'école : travail en équipe, consultation , contribution à l'organisation au fonctionnement et au développement .Les psychologues scolaires travaillent généralement en équipe dans un Réseau d'Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté (RASED) constitué de 2 ou 3 enseignants spécialisés
Le psychologue scolaire intervient auprès des élèves handicapés dans le cadre de l'intégration en milieu ordinaire ou dans les classes spécialisées .
5. L'ASSOCIATION FRANCAISE DES PSYCHOLOGUES SCOLAIRES :
L'Association Française des Psychologues Scolaires (A.F.P.S) a été créée en 1962 . Ses buts principaux concernent le perfectionnement professionnel de ses membres, le soutien à des projets de recherche sur le terrain de l'école, les échanges professionnels avec d'autres praticiens au plan national et international .
Activités : colloques, symposia, université d'été . Un congrès tous les deux ans.
Publications : Une revue trimestrielle , " Psychologie et Education", un journal également trimestriel, "Echanges" , un bulletin semestriel "La Lettre Internationale " , une revue annuelle "Les Cahiers pratiques de psychologie en milieu éducatif "et des ouvrages sur des thèmes d'actualité (comptes rendus de colloques et de symposia) publiés dans la Bibliothèque Psychologie et Education . L'AFPS a publié le premier manuel français de psychologie scolaire (Guillard & Guillemard: Manuel pratique de psychologie en milieu éducatif, Masson, 1997).
L'AFPS est membre de la Societé Française de Psychologie (S.F.P) du Conseil Français pour la Convention des Droits de l'Enfant (COFRADE) et de l'Association Internationale de Psychologie Scolaire (I.S.P.A) . L'AFPS entretien des relations étroites avec les organisations syndicales de psychologues et d'enseignants qui revendiquent un statut spécifique pour les psychologues de l'éducation nationale .Elle a également des liens avec de nombreuses organisations à caractère humanitaire, scientifique ou professionnel .
Le Président actuelle de l'AFPS est M. Alain BRABAN (2001-2003).Prochain Congrès National: Marseille octobre 2003.
Organisation : Les 1 000 membres (2001) de l'AFPS votent sur le rapport d'activités du Conseil d'Administration et du Bureau National présenté par le Président, sur le rapport financier et sur le projet d'orientation, au cours de l'Assemblée Générale Départementale. Ils désignent des représentants (1 pour 5 membres) au Congrès National (tous les 2 ans) pour élire le Conseil d'Administration (33 membres au maximum) qui élit le Bureau National (5 à 9 membres ) .
Le Bureau
National désigne les commissions, groupes de travail et groupes de
réflexion qui contribuent à l'élaboration de la politique associative.
Actuellement il existe 5 départements permanents animés par deux membres du
Bureau National : Formation, Recherche, Publications, Relations internes et
externes (incluant la commission Internationale et le comité d'actualisation
du site internet), Gestion et services (incluant la commission des
finances et la commission des adhésions ) .8/8/2002
MISSIONS DES PSYCHOLOGUES SCOLAIRES.
Circulaire n0 90-083 du 10 avril 1990
(Education nationale, Jeunesse et Sports bureau DE 13)
Texte adressé aux recteurs, aux inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’Education.
Le décret n0 90-255 du 22 mars 1990 fixe la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue : y figure notamment le diplôme d’Etat de psychologie scolaire crée par le décret n0 89-684 du 18 septembre 1989.
Le décret n0 90-259 du 22 mars 1990 (voir JO. du 23 mars 1990, p.3559 ) détermine les conditions dans lesquelles les fonctionnaires et agents publics exerçant actuellement les fonctions de psychologue sont autorisés à faire usage du titre de psychologue dans l’exercice de leurs fonctions.
Ces dispositions fondent la spécificité de l’exercice de la psychologie en milieu scolaire et l’identité professionnelle des psychologues scolaires, déjà bien connues des enseignants et des usagers de l’école.
Dans ce contexte nouveau, il convient de compléter ces dispositions en précisant les missions et les activités des psychologues scolaires à récole maternelle et élémentaire où ils sont appelés à exercer leurs fonctions. Tel est l’objet de la présente circulaire qui se substitue à la circulaire n0 205 du 8 novembre 1960.
I - LES MISSIONS DES PSYCHOLOGUES SCOLAIRES ET LEUR MISE EN OEUVRE
L’analyse des processus d’apprentissage éclaire la démarche pédagogique. De ce fait, l’étude des difficultés éprouvées par les élèves, dans l’appropriation des connaissances et des savoir-faire, ainsi que dans le respect des exigences de la scolarité, fournit aux maîtres et aux familles des indications précieuses sur les stratégies à adopter pour favoriser l’éducation des enfants. Les actions du psychologue scolaire tirent leur sens de cette mise en relation entre les processus psychologiques et les capacités d’apprentissage des élèves.
Le psychologue scolaire apporte dans le cadre d’un travail d’équipe l’appui de ses compétences:
· Pour la prévention des difficultés scolaires (on se reportera à la circulaire relative à la mise en place et à l’organisation des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, §1.1);
· Pour l’élaboration du projet pédagogique de l’école et sa réalisation;
· Pour la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des mesures d’aides individuelles ou collectives au bénéfice des élèves en difficulté.
* Pour l’intégration de jeunes handicapés.
Il participe ainsi de manière spécifique à l’évolution de l’institution scolaire, à l’intégration scolaire et à la réussite de tous les jeunes.
1.- LES ACTIONS EN FAVEUR DES ENFANTS EN DIFFICULTÉ
1.1. Ces actions sont principalement conduites dans le cadre des réseaux d’aides. Elles comportent l’examen, l’observation et le suivi psychologiques des élèves en liaison étroite avec les maîtres et les familles. Elles visent à fournir des éléments d’information résultant de l’analyse des difficultés de l’enfant, à proposer des formes d’aides adaptées, à favoriser leur mise en oeuvre. La diversité des cas et des situations, celle des approches et des méthodologies impliquent, pour le psychologue, le choix de ses outils et de ses démarches, compte tenu des règles en usage dans l’exercice de sa profession.
1.2. Les examens cliniques et psychométriques
Ils sont effectués à l’école par le psychologue scolaire à la demande des maîtres, des intervenants spécialisés ou des familles. Les examens individuels ne peuvent être entrepris sans l’autorisation de ces dernières. Leurs résultats prennent place dans l’ensemble des données qui sont examinées lorsqu’une action éducative et pédagogique particulière, une aide ou une orientation spécialisées sont envisagées.
Ces examens donnent lieu à la rédaction d’un document écrit. Lorsque les informations contenues dans ce document ou certaines seulement d’entre elles doivent être communiquées, le psychologue scolaire veille à ce que cette communication soit adaptée à son destinataire.
1.3. Le”suivi” psychologique
Il consiste, pour le psychologue scolaire, à organiser des entretiens avec les enfants concernés et, éventuellement, avec leur maître ou leurs parents.
Il a pour objet:
Pour ce qui concerne les adultes, de rechercher conjointement l’ajustement des conduites et des comportements éducatifs
Pour ce qui concerne les enfants, de favoriser l’émergence et la réalisation du désir d’apprendre et de réussir.
Dans les cas où la mise en oeuvre d’une prise en charge spécialisée paraît souhaitable, le psychologue scolaire conseille aux familles la consultation d’un service ou d’un spécialiste extérieurs à l’école.
2.- PARTICiPATION A L’ORGANISATION, AU FONCTIONNEMENT ET A LA VIE DES ECOLES
2.1. Participation à la mise en oeuvre des projets pédagogiques
Les actions du psychologue scolaire, comme celles des autres intervenants du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, contribuent à l’élaboration et à la mise en oeuvre des projets pédagogiques. A cet effet, il agit, en liaison avec l’I.D.E.N. responsable du réseau d’aides, en vue de permettre à chacun des élèves de tirer le meilleur profit de sa scolarité, quelles que soient ses caractéristiques personnelles et sa situation.
Compte tenu de la spécificité de sa formation et des théories et pratiques qui fondent la psychologie, les interventions du psychologue scolaire concernent principalement:
L’évaluation de variables psychologiques et pédagogiques : il peut s’agir d’observations d’élèves “à risques”, du recueil d’informations à l’aide d’épreuves standardisées, de la conception et de la mise en oeuvre d’opérations d’évaluation; l’étude de variables cliniques liées à l’efficience scolaire des élèves et aux modalités de leur adaptation à l’environnement scolaire pourront également donner lieu à des observations utiles.
La participation à des activités organisées en faveur des élèves, des maîtres, des familles : le psychologue pourra, par exemple, conduire avec le maître, dans le cadre même de la classe, une collaboration en vue de résoudre un problème précis; il pourra également proposer et animer des groupes de travail destinés à favoriser l’expression des parents et des maîtres.
2.2.Liaison fonctionnelle avec des organismes et instances extérieurs à l’école
Le psychologue scolaire peut être appelé à participer aux travaux de différentes commissions et à des réunions de concertation où sont étudiés des cas et des situations d’élèves. Il participe alors à la prise de décision les concernant.
La participation du psychologue scolaire aux travaux des commissions de l’éducation spéciale peut être utile dans un certain nombre de cas. Elle est obligatoire dans le cadre institutionnel. Elle est facilitée par Fexigence du secret partagé.
Lorsque le psychologue scolaire n’est pas effectivement présent, il est tenu d’éclairer les travaux de la commission on lui communiquant par écrit les éléments d’information qu’il juge nécessaires.
La participation du psychologue scolaire aux travaux orgaîusés par des institutions relevant du ministère de la Soiidarité~ de la Santé et de la Protection sociale, du ministère de la Justice et des autres départements ministériels concernés, permet des échanges d’informations et le suivi technique de certains cas. Elle assure éventuellement la contplémentarité des formes d’aides apportées à l’enfant et favorise son intégration ou sa réintégration scolaires dans les meilleures conditions.
3. - ACTIVITES D’ÉTUDES ET DE FORMATION
A l’initiative ou avec l’accord des autorités académiques, les psychologues scolaires peuvent participer à des études concernant les différents aspects du fonctionnement des écoles dans leur environnement, les aspects psychologiques, pédagogiques et didactiques, les composantes psychologiques et psycho-sociologiques de l’action éducative.
A la demande des responsables de la formation initiale et continue des enseignants, les psychologues scolaires peuvent être appelés à participer à des actions de formation dans les domaines spécifiques relevant de leurs compétences.
n - ÉVALUATION DES ACTIONS ET FORMATION CONTINUE
Les résultats des actions des psychologues scolaires, comme ceux de tous les personnels enseignants, sont évalués à plusieurs niveaux:
Evaluation par le psychologue de ses propres actions dans le cadre du réseau d’aides et dans le fonctionnement des écoles où il exerce;
Evaluation conduite par les autorités académiques et les corps d’inspection.
L’évolution des connaissances dans les domaines de la psychologie et de la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, l’émergence de méthodologies nouvelles, la constitution de nouveaux outils d’observation et d’analyse, appellent à l’organisation régulière d’une formation continue destinée aux psychologues scolaires en exercice. Elle seule, en effet, renforce auprès des enseignants et des usagers de l’école la crédibilité nécessaire à un bon accomplissement des missions définies dans la présente circulaire.
par JC GUILLEMARD psychologue scolaire, membre du Bureau national de l’AFPS,
représentant de l’ISPA auprès de l’UNESCO
La période 1945-1954.
Psychologie à l’école : le retour : les années 60 et la naissance de l’AFPS
1968 et la psychologie scolaire : conséquences pour la formation.
La crise interne des années 70 et la scission
Association contre syndicat : rivalité et émulation
Les années 80 et l’ouverture : La CNOP, l’ANOP, le GOPE. : définition de la profession, formation, statut
organisation
Les années 90 Vers la confirmation d’une identité professionnelle.
Une psychologie de l’éducation pour le XXIe siècle : Expérience enseignante et connaissance du milieu. Le généraliste et le spécialiste .Approche multidimensionnelle et travail en équipe .
Pourquoi des psychologues à l’école ?
Tout commence par des histoires d’acte de naissance : qui de la Child Guidance de Chicago (1899) ou de l’Université de Pensylvannie(1897) a eu la première consultation de psychologie scolaire ?
A Chicago, c’est un psychologue qui accueille des enfants présentant des problèmes scolaire , mais à l’Université de Pensylvanie, Lightner WITTNER, un ancien enseignant devenu psychologue assure la direction de la consultation ; René ZAZZO affirme lui, que c’est Arnold GESELL. avec qui il travailla une année (1934) à l’Université de Yale qui a utilisé le premier le terme de psychologue scolaire (en 1915) alors même que le terme de psychologie scolaire n’est avéré qu’en 1923 sous la plume du psychologue allemand STERN (Schulepsychologie) à qui on doit aussi l’invention d’un concept à succès : le Quotient Intellectuel (QI).
Pour autant, en France du moins, ce sont les travaux d’Alfred BINET au laboratoire qu’il avait installé dans l’école primaire de la rue de la Grange aux Belles (Paris XIIIe) qui marquent le départ d’une psychologie appliquée à l’observation des comportements des enfants en situation scolaire .
Si les travaux de Binet et Simon ont orienté la recherche sur les activités psychologiques de l’enfant à l’école , une autre branche de la psychologie appliquée développée après la première guerre mondiale a contribué a construire une profession de psychologue fondée sur les relations compétences performances et qui a ouvert la voie d’une part à l’orientation professionnelle et d’autre part à la psychologie du travail qui contribuera entre autres au développement de la psychométrie et aux recherches sur les aptitudes .Un peu plus tard, la branche infantile de la psychiatrie donnera une autre impulsion à la psychologie pathologique et clinique d’où sortiront les centres de guidance infantile pris sur le modèle anglo-saxon ; Toutefois c’est la seconde guerre mondiale et la volonté politique de quelques intellectuels militants qui ouvrira la porte à une institutionnalisation d’une psychologie explicitement tournée vers les élèves ; Cette volonté politique s’exprime dans un projet de réforme démocratique du système éducatif , que ses auteurs, le physicien Paul Langevin et le psychologue Henri Wallon-tous deux membres du Parti Communiste Français , considèrent comme le socle d’une nouvelle société . Dans ce projet, la psychologie et les psychologues jouent un rôle important au côté des enseignants pour construire une école nouvelle capable de former des citoyens cultivés dotés d’esprit critique et capables de résister aux sirènes du fascisme dont le pays venait de se libérer . Cet immense projet politique se heurta aux résistances considérables de tous ceux qui voyaient dans ce projet (comme dans tous ceux proposés par des membres ou des sympathisants du Parti Communiste) la main et l’œil de Moscou et finalement le Plan Langevin Wallon resta dans les tiroirs après que Wallon ait tout de même réussi à mettre en place à titre plus ou moins expérimental une ébauche de psychologie scolaire qu’il considérait comme l’avant garde de son projet de réforme de l’enseignement .
Il est difficile de comprendre les difficultés et les contradictions de la psychologie scolaire contemporaine si on n’a pas en tête le contexte historique dans lequel cette branche de la psychologie appliquée à l’école est née et s’est développée .
Pendant la première période, (1945-1954) les futurs psychologues scolaires recrutés par Wallon et ses collaborateurs directs (René Zazzo, Hélène Gratiot-Alphandéry) sont des pionniers et des militants . Enseignants du premier degré mais aussi du Second degré, ils sont autant chercheurs en psychopédagogie que praticiens et leur vision d’une école nouvelle ( telle qu’imaginée dans le Plan Langevin-Wallon) apparaît dans les articles qu’ils écrivent dans les bulletins des psychologues parisiens ou du service de psychologie scolaire de l’Isère. qui constituent les prémisses d’une littérature scientifique susceptible de fonder la psychologie scolaire comme branche autonome de la psychologie . D’autres articles s’efforcent de décrire et de formaliser des pratiques (par exemple celle de l’observation psychologique continue consignée dans le dossier psychologique de l’élève ) qui visent à définir une profession nouvelle distincte de celle d’enseignant.
Cette conception wallonnienne de la psychologie a l’école centrée sur l’étude des processus d’apprentissages et sur la recherche de méthodes susceptibles d’optimiser la réussite du plus grand nombre était extrêmement originale et se démarquait totalement de tout ce qui existait dans le monde où le modèle anglo-saxon des Child guidance clinics fondé sur la recherche de symptômes pathologiques et le diagnostic de trouble du comportement, de dysfonctionnement ou de déficit intellectuel s’était largement répandu depuis le début du XXe siècle et plus spécialement après la deuxième guerre mondiale. Il est assez probable que cette “ exception française ” inventée par des communistes alors que la France entrait comme le reste du monde occidental dans le camp des Etats Unis et bénéficiait du Plan Marschall, ne pouvait pas être considérer - pour utiliser un anachronisme-“ politiquement correct “ De là à conclure que la suppression de l’expérience en 1954 ( en région parisienne où les psychologues étaient les plus nombreux )a été une décision politique il n’y a qu’un pas mais que nous franchirons volontiers à la lecture des commentaires. et à l’analyse des témoignages directs des psychologues ayant vécu cette période ;
Tous les psychologues scolaires parisiens (une cinquantaine ) ne retourneront pas dans leur école ou dans leur lycée, beaucoup seront embauchés dans les Centres Psychopédagogiques (également fondés par Henri Wallon et dont le prototype est le Centre Claude Bernard) ou deviendront universitaires .
En 196O sous la pression des besoins dans le domaine du dépistage des élèves inadaptés (effectué majoritairement par les enseignants spécialisés , secrétaires des Commisions Médico Pédagogique de Circonscription (CMPC)et surtout après la création des Sections d’Education Spécialisées (SES) pour les élèves déficients intellectuels légers dans les collèges, la formation des psychologues scolaires reprend à l’initiative de M. Petit , Directeur de la Division de l’Enfance Inadaptée et avec l'aval de René Zazzo (qui cependant était parfaitement conscient des risques de dérives par rapport au modèle initial) dans cinq universités : Aix en Provence, Besançon, Bordeaux, Caen, Grenoble et Paris .
Parallèlement, sont formés les premiers rééducateurs (en psychopédagogie) de l'Education nationale au Centre National de formation de l'Education Spécialisée à Beaumont sur Oise (95) personnels qui seront employés dans les CMPP ou dans leurs antennes scolaires ou encore dans les Groupes d'Adaptation Scolaire (GAS) qui deviendront ultérieurement les Groupes d'Aide Psycho-Pédagogique -(GAPP,1970).
Bien que la perspective des fondateurs de ces nouvelles structures scolaires soit la prévention précoce (Toraille, Stambak et le CRESAS-Centre de recherche de l'Education Spéciale et de l'Adaptation Scolaire), la formation (essentiellement clinique d'obédience psychanalytique) la culture (le concept d'échec scolaire-symptôme) et les outils (les tests d'aptitudes) disponibles pour les psychologues , continuent d'entretenir l'idée que le psychologue scolaire se situe dans l'univers de la psychopathologie et de la défectologie. La loi d'orientation de 1975 sur l'intégration des personnes handicapées va accroître cette représentation .
C'est dans cette même période que les psychologues scolaires vont institutionnaliser leur organisation professionnelle en faisant fusionner les Bureaux des amicales de Grenoble et de Paris au sein de l'Association Française des Psychologues Scolaires (AFPS) dont les statuts étaient publiés au Journal Officiel de la république française le °°°mars 1962, dont le siège social était fixé au Musée Pédagogique (29 rue d'Ulm-Paris Ve) devenu Centre National de la Recherche pédagogique et dont la première Présidente était Paule Paillet [11]; Le Bulletin de l'AFPSdont le N°& paraissait en juillet 1962 devait être suivi de nombreux autres sous le titre de Psychologie Scolaire à partir de 1966 et de Psychologie et Education à partir de 1990.Cette création répondait à un besoin déjà affirmé de reconnaissance identitaire et cette recherche d'identité professionnelle n'ira pas sans heurts avec les syndicats enseignants et notamment avec celui qui à l'époque était quasiment hégémonique chez les instituteurs : le SNI.
1968 et la psychologie scolaire : conséquence sur la formation :
Les évènements de mai 1968 et la révolte étudiante qui va bouleverser l'université et le paysage politique français va atteindre ces étranges étudiants que sont les stagiaires psychologues-scolaires, bien plus âgés que leurs camarades, , salariés et souvent chargés de famille La fronde -très raisonnable de ces étudiants-travailleurs - sera le premier pas de la psychologie scolaire vers le droit commun en incluant (d'abord à Paris -malgré l'opposition de René Zazso -puis dans les autres centres de formation-Bordeaux résistant plus que les autres pour conserver sa formation orthodoxe-maison dans laquelle le mémoire de fin de deuxième année tenait une place considérable ) le Diplôme Universitaire d'Etudes Générales (DEUG) dans la formation obligatoire préparant au diplôme de psychologue scolaire. Cette donnée nouvelle va faciliter la poursuite d'études universitaires et va inciter une majorité de psychologues scolaires -au moins ceux qui avaient la possibilité matérielle de s'inscrire et de suivre des cours tout en travaillant - a renforcer leur formation initiale en préparant -à leur compte et sans aucune perspective de reconnaissance et de gratification de la part de leur employeur- licence, maîtrise et -après sa création- DESS voire DEA et doctorat de 3e cycle .des années 70 que la psychologie scolaire va connaître son développement quantitatif le plus important (plus de 200 praticiens formés chaque année entre 1968 et 1980 avec très peu de départ à la retraite ou pour d'autres raisons )
Mais toujours dans cette même période et en raison même du développement de la profession[12] et du sentiment d'identité professionnelle les motifs d'insatisfaction augmentaient ;A l'impression déjà ancienne que les organisations syndicales d'enseignants ne prenaient pas en compte les besoins spécifiques des psychologues scolaires (à l'exception d'un courant minoritaire proche du SNES qui syndiquait la majorité des Conseillers d'orientation ) s'ajoute la déception de l'échec du projet de statut commun aux personnels de psychologie et d'orientation (préparé par la Commission Anzieu 1969) suite au refus du SNI (et il faut le dire à la réticence d'une majorité de psychologues scolaires encore très imprégné de culture et d'idéologie enseignante au travers des appareils syndicaux et de leurs filiales MGEN,MAIF,CAMIF...C'est autour de l'année 1970 que se développe l'idée de créer un syndicat catégoriel autonome, à partir de l'AFPSqui accueille alors une grande majorité des psychologues scolaires .Ce projet donne lieu à d'âpres discussions et à des motions de congrès demandant un référendum sur le sujet Finalement, le projet de transformer l'association en syndicat catégoriel est repoussé ce qui entraînera une scission dans l'organisation. Les minoritaires (au moins une partie d'entre eux) quittent l'AFPS et fondent les bases (notamment dans le Calvados , l'Orne et les Bouches du Rhône ) de ce qui deviendra en 1975, le Syndicat des Psychologues de l'Education Nationale (SPEN) dont le premier Secrétaire général est Jean Eon . Le Président de l'AFPS élu cette même année au Congrès de Paris -Jacques GROLAUD-aura la lourde tâche de panser les blessures, liées au divorce et de préparer la construction d'une identité de l'association bien disticnte de celle du syndicat
Les années 80 et l'ouverture : CNOP, ANOP, GOPE.
En 1979, à l'initiative de la Société Française de Psychologie(SFP), une rencontre est organisée à l'Institut de Psychologie de Paris (Ve) entre diverses organisations de psychologues :L'AFPS et le SPEN ont été invités ; L'ordre du jour de cette rencontre concerne l'état des lieux pour la profession de psychologue et un projet visant à obtenir la reconnaissance légale d'un titre de psychologue afin d'éviter l'utilisation abusive de cette dénomination par des charlatans . Le groupe ainsi constitué se réunira plusieurs fois et prendra le nom de Coordination nationale des Organisations de Psychologues (CNOP) qui deviendra ultérieurement Association Nationale des Organisations de Psychologues (ANOP) Les travaux de cette association dans laquelle l'AFPS et le SPEN s'investiront activement va renforcer le sentiment identitaire chez les psychologues scolaires en les sortant de leur univers catégoriel . La reconnaissance légale du titre de psychologue sera obtenue dans une loi de juillet 1985. Assez paradoxalement cette avancée de la profession aura pour effet d'arrêter le développement de la psychologie scolaire au prétexte que l'ancienne formation (diplôme d'université en deux ans) n'était plus conforme à la loi. Dans l'attente de la publication des décrets d'application(1990) , aucun psychologue scolaire ne sera formé ce qui entraînera un déficit d'au moins 8OO professionnels La création du Diplôme d'Etat de Psychologie Scolaire donne lieu à de nombreuses discussion dans la profession. Après des mois de controverses, le DEPS est inclus dans la liste des diplômes donnant droit au titre de psychologue .Toutefois son statut dérogatoire(Réservé aux enseignants du premier degré ayant reçu la formation et une
pratique professionnelle d'au moins trois années dans une classe , titulaires au minimum d'une licence de psychologie et ayant suivi la formation d'un an dans un centre universitaire ) par rapport au DESS ou au DEA avec stage exigé des autres psychologues sera -et est toujours- source de débats.[13][14]
Parallèlement au regroupement de la profession des psychologues au sein de l'ANOP et après les Assises nationales de la psychologie de l'Education organisées à l'initiative du SNES, plusieurs organisations de psychologues de l'éducation avaient éprouvés le besoin de se rencontrer afin de réfléchir sur les problèmes particuliers de ce champ d'intervention L'Association des Conseillers d'Orientation de France (ACOF), la branche Conseillers d'Orientation du Syndicat national de l'enseignement Secondaire (SNES), l'Association Française des Psychologues Scolaires (AFPS), l'Association Nationale des Psychologues de l'Enseignement Catholique(ANPEC), le Syndicat des Psychologues de l'Education nationale (SPEN) constituent un groupe de travail le Groupe des Organisations de Psychologues de l'Education (GOPE)qui publient en 1987 une brochure sous le titre "Etre Psychologue de l'Education"
Etre psychologue de l'Education : définition, formation, missions et organisation .
Dans une première partie, le groupe de travail définit les champs de la psychologie dans l'institution scolaire et pose en préalable cette définition de l'éducation comme "accession à l'autonomie dans tous les domaines : intellectuel, affectif, social et qui implique l'acquisition de savoirs et de savoir faire permettant de maîtriser au mieux les conditions de l'insertion social future "Le psychologue se définit alors comme l'un des partenaire de l'éducation "dont l'action se conjugue avec celle des autres membres de la communauté éducative (élèves, parents , enseignants , éducateurs...)"afin de favoriser l'accès des enfants et des adolescents à cette autonomie définie plus haut. Ce document fondateur a le mérite de définir et de décrire très précisément les domaines de compétence du psychologue dans le champ éducatif et de faire une analyse détaillée de cette profession et de ses missions .
Ainsi parmi les compétences requises du psychologue de l'éducation, le groupe de travail souligne :
· la connaissance des étapes du développement de la personne dans toutes ses dimensions : sensori-motrice, cognitive, affective, sociale en postulant que bien des difficultés scolaires résultent d'une connaissance insuffisante des lois du développement des enfants et des adolescents ou de l'impossibilité pour certains jeunes de donner du sens à leur formation et de se projeter dans l'avenir . La contribution du psychologue consiste alors à aider le jeune à faire le "point sur les attentes dont il est l'objet, sur ses aspirations et ses motivations, sur ses représentations de la réalité sociale".
· la connaissance des lois du fonctionnement des groupes des phénomènes affectifs ou relationnels qui peuvent s'y développer et la maîtrise des techniques permettant le repérage et la gestion de ces phénomènes .
· la connaissance du fonctionnement des organisations et des institutions et des techniques permettant d'intervenir et de gérer les dysfonctionnements
On notera que ces compétences ne se limitent pas aux approches traditionnelles de la psychologie clinique individuelle
mais que la spécificité de l'environnement éducatif (groupal et organisationnel est pris en compte.
Plus loin, définissant les missions du psychologue, le groupe de travail précise que dans sa pratique quotidienne "il/elle est conduit à effectuer les actes de tout psychologue : analyse de la demande, bilan diagnostic, relation d'aide, mise en œuvre de stratégies adaptées à l'individu et à l'institution , mais que ceux ci ne s'inscrivent pas dans une logique globale identique " (à celle du praticien en établissement sanitaire par exemple ) On précise en outre que lorsque l'intervention du psychologue est axée sur les troubles présentés par l'enfant et par son orientation, elle ne peut s'y restreindre, c'est à dire qu'elle intègre aussi une réflexion et une action sur les éléments propres à l'instance éducative avec les partenaires
Cette délimitation des compétences amène le groupe à une définition de l'identité du psychologue de l'éducation par rapport à ses partenaires professionnels et notamment les enseignants mais aussi les travailleurs sociaux et les travailleurs de la santé ainsi que les psychologues des autres champs (santé, justice, travail...) ce qui conduit à insister sur la position charnière du psychologue de l'éducation entre les enfants, les parents , les enseignants , l'institution scolaire et les praticiens extérieurs à l'école . Ce rôle de médiateur et de facilitateur est ensuite conforté par une démarche de formation initiale et permanente déclinée selon quatre axes :
· Connaissance de l'enfant et de l'adolescent (références théoriques et formation méthodologique
· Approche psychologique des problèmes d'éducation et de formation
· Approche psychosociologique des institutions dans leur contexte économique et social
· Méthodologie de la recherche , domaine important pour le psychologue de terrain défini aussi comme praticien-chercheur .
Ce programme ambitieux prévoit un tronc commun et des options ( petite enfance0-6ans , enfance 6-12ans, adolescence) et il est sanctionné par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en Psychologie de l'Education et de la Formation [15]
Le recrutement des personnels dans le service public est également prévu Par concours externe au titulaire de ce DESS ou d'une équivalence et par concours interne aux fonctionnaires qui pourraient par ailleurs bénéficier de conditions particulières pour accéder à la formation -sur la base d'une licence de psychologie initiale -et préparer le concours
Le troisième chapitre de la brochure s'attache à décrir e l'organisation d'un service de Psychologie de l'Education Après avoir fait remarquer que la quasi totalité des pays européens (et au delà) employant des psychologues dans les établissements scolaires ont créés simultanément les structures de fonctionnement leur permettant de travailler en équipe dans le cadre d'une politique éducative définie par les instances politiques de référence (nationales, régionales ,locales) et que de ce point de vue la France constitue une exception, le groupe de travail définit ce que pourrait être en France un service de ce type .
Le projet envisage une organisation au triple niveau national (Direction de la Psychologie de l'Education au Ministère de l'Education ), régional (ou académique sous la responsabilité du recteur ) départemental (sous la responsabilité d'un psychologue conseiller technique auprès de l'Inspecteur d'Académie directeur des services départementaux d'enseignement); C'est l échelon départemental qui gérerait les services locaux de Psychologie de l'Education . Ces services interviendraient au niveau d'un district scolaire ou bassin de formation (lycées de référence +collèges +écoles élémentaires et maternelles et autres établissements d'éducation du secteur concerné ). Une période transitoire permettant aux actuels personnels psychologues scolaires et conseillers d'Orientation psychologues d'entrer progressivement dans le nouveau système est prévue . Les Actuels centres d'Information et d'Orientation offriraient la logistique de base sans que pour autant l'installation ( et l'intervention) des psychologues dans les écoles soit remise en question . Dans l'enseignement privé, cette organisation qui existe déjà dans certains diocèses de l'Enseignement privé catholique pourrait être généralisée par négociation avec les employeurs et convention avec l'Etat Les services locaux coordonnent les missions relevant de la prévention , de l'adaptation et de l'intégration scolaire, de l'accompagnement dans l'élaboration des choix scolaires et professionnels, de l'aide à la réussite scolaire, de la formation continue des personnels et de la participation à la formation initiale des étudiants en psychologie de l'éducation .(organisation et évaluation des stages pratiques en liaison avec l'université de rattachement). En outre les centres locaux collaborent à la recherche en psychologie de l'éducation et répondent aux demandes de recherche proposées par les différents partenaires . Il participe à l'élaboration d'outils , de techniques, de méthodes d'investigations, d'observation et d'évaluation psychologique et psychopédagogique devenant aussi un centre de ressource pour les établissements et les personnels .
Ce projet global de définition et d'organisation de la profession sera présenté aux représentants successifs des ministres de l'éducation nationale (MM JOSPIN, LANG, BAYROU, ALLEGRE) mais se heurtera toujours à l'hostilité du corps inspectoral et aussi du Syndicat National des Instituteurs(SNI-FEN) ainsi que de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE)[16]
Les années 90 : Vers la confirmation d’une identité professionnelle chez les psychologues scolaires :
Néanmoins une nette avancée dans la reconnaissance de la profession de psychologue à l’école après la parution(1990)des décrets d'application de la loi de 1985 sur la reconnaissance légale du titre de psychologue .Dans le premier degré, elle fut symboliquement marquée par la publication au Bulletin Officiel de l'Education Nationale de la circulaire définissant les missions des psychologues scolaires . Aussi curieux que cela puisse paraître , il n'existait pas de définition des missions de cette profession qui existait pourtant depuis 45 ans[17] .
Le préambule déclarant que " ces dispositions ( la circulaire NDA) fondent la spécificité de l'exercice de la psychologie en milieu scolaire et l'identité professionnelle des psychologues scolaires déjà bien connues des enseignants et des usagers de l'école ". semblait ouvrir des perspectives et laissait espérer une reconnaissance concrète débouchant sur un statut de psychologue de l’éducation nationale , la suite prouva qu'il n'en était rien .
Néanmoins la circulaire a le mérite de définir des missions proches de celles revendiquées par les organisations professionnelles en fixant trois axes :
· les actions en faveur des enfants en difficulté. Dans ce paragraphe, il est indiqué que le psychologue a "le choix de ses outils et de ses démarches, compte tenu des règles en usage dans l'exercice de sa profession " .Outre les examens cliniques et psychométriques effectués par le psychologue scolaire, et dont il est rappelé en passant qu'ils ne peuvent être entrepris sans l'autorisation des familles (en référence à la loi informatique et libertés du 6/01/ 1978 et à la délibération de la CNIL dub22/10/85 relative aux modalités de collecte d'informations nominatives en milieu scolaire), il est reconnu au psychologue le droit d'apporter une aide directe aux enfants (et éventuellement aux parents et aux enseignants de ces enfants ). Cette aide baptisée « suivi psychologique » s'effectue sous forme d'entretiens, " en vue de favoriser l'émergence et la réalisation du désir d'apprendre et de réussir " (pour les enfants ) et « de rechercher l'ajustement des conduites et des comportements éducatifs » (pour les adultes );
· la participation à l'organisation , au fonctionnement et à la vie des écoles. Dans un premier alinéa, le psychologue est invité à participer à la mise en œuvre des projets pédagogiques notamment par l'observation d'élèves "à risques" (en vue d'adapter l'environnement scolaire et ou de leur fournir des aides pour surmonter ou prévenir des difficultés ). Il peut aussi contribuer à l'élaboration d'outils d'évaluation . L'observation conjointe du psychologue et du maître dans la classe pour résoudre un problème précis est également proposée à titre d'exemple d'actions organisées par le psychologue en faveur des élèves, des maîtres des familles . Dans un second alinéa est mentionné le travail en partenariat, notamment dans le cadre des commissions de l'éducation spécialisée, mais également avec tous les organismes ayant à voir avec le bien être, la santé et la protection des enfants
· Les activités d'études et de formation ; Dans ce chapitre la mission de recherche sur le terrain est mentionnée ainsi que la participation à des actions de formation en faveur du personnel dans les domaines de compétence du psychologue
Il est intéressant de noter qu'on retrouve dans ce texte officiel (certes un peu modifiées dans la lettre sinon dans l'esprit )un certain nombre de propositions élaborées au chapitre "missions" dans la brochure du Groupe des Organisations de Psychologues de l'Education (GOPE) déjà mentionnée et c'est sans doute pourquoi la circulaire a été favorablement accueillie par une majorité de praticiens .
Un dernier et bref chapitre est consacré à l'évaluation des actions et à la formation continue . Si le premier point a été détaillé dans une note de service de septembre 1985 définissant les horaires de travail et les modalités d'inspection des psychologues scolaires, par contre la formation continue est restée la grande oubliée et sans le dynamisme et la persévérance des militants associatifs pour pousser les responsables académiques à organiser des sessions spécifiques ou pour prendre eux-mêmes en main cette formation en organisant colloques, séminaires, journées d'études, l'employeur mériterait un « carton jaune » pour ne pas avoir contribué à renforcer "auprès des enseignants et des usagers de l'école la crédibilité nécessaire à un bon accomplissement des missions définies dans la présente circulaire ".[18]
La mise en œuvre de la circulaire sur les missions des psychologues correspondait aussi à la formation de nouveaux psychologues scolaires titulaires du Diplôme d'Etat de Psychologie Scolaire(DEPS) qui, bien que tributaire de l'autonomie des universités et de ce fait pouvait varier assez considérablement dans ses contenus et ses options sous-jacentes, assurait une base plus favorable à la poursuite d'études vers le troisième cycle Malheureusement et en dépit des avertissements des organisations professionnelles sur le vieillissement de la population en place et sur l'inéluctabilité de la chute brutale des effectifs à l'horizon 2000-2010, le ministère ( faute de statistiques fiables en provenance des départements ?) ne mena aucune étude sérieuse et ne prit aucune mesure, non seulement pour améliorer les services déjà rendus , mais même pour assurer le simple remplacement des personnels partant à la retraite .
Les difficultés des organisations professionnelles pour maintenir leur unité et mobiliser un maximum de personnes sur les objectifs dans une conjoncture politique faussement favorable ne contribua sans doute pas à la satisfaction des revendications professionnelles . En effet, après la promulgation en 1990 des décrets d’application de la loi de 1985, une partie des organisations constituant l'ANOP voulurent appliquer la décisions de se dissoudre , les objectifs de l'ANOP étant atteints . Une minorité refusa la dissolution et conserva l'ANOP et par voie de conséquence le siège de la France à la Fédération Européenne des Organisations Professionnelles de Psychologues (FEAPP). Dans cette même période avaient été mises en place (non sans mal et parfois avec plusieurs mois et même plusieurs années de retard, les Commissions Régionales d'Homologation pour l'obtention du titre de Psychologue. Ces commissions avaient pour objet d'examiner les dossiers des psychologues praticiens en exercice et n'ayant pas les diplômes requis pour bénéficier automatiquement du titre (DESS,DEA avec stage ou diplôme équivalent homologué par décret). Les psychologues scolaires et les conseillers d'orientation nommés dans leurs fonctions avant 1990 et n'ayant pas acquis les diplômes reconnus étaient particulièrement concernés par ces commissions dans lesquelles siégeaient outre les représentants de l'administration, des membres d'organisations qui n'étaient pas toujours favorables à la reconnaissance des psychologues scolaires et encore moins des conseillers d'orientation psychologues . Cela entraîna parfois des tensions supplémentaires , des conflits parfois réglés en conseil d'état avec le soutien des organisations ou par recours individuels
On assista cependant progressivement à un apaisement des passions et peu à peu les organisations séparées trouvèrent un « gentleman's agreement » pour travailler de nouveau ensemble et se regrouper en 1996 au sein de la Commission interorganisationnelle représentative (CIR). C’est à ce même moment qu'un consensus aboutit à la rédaction d'un nouveau code de déontologie et à la création de la Commission Nationale de Déontologie des Psychologues (CNCDP). Ce retour vers l'unité s'est matérialisé par l'organisation en mars 2001 des Etats Généraux de la Psychologie soutenus par plus de 20 organisations de praticiens avec en projet la construction à terme d'une organisation unitaire dont la forme (fédération, confédération, organisation unique) est encore en débat au sein du Conseil Provisoire des Organisations de Psychologues .
Propulsés par cette nouvelle dynamique, les associations et syndicats de psychologues de l'éducation se retrouvaient à nouveau au sein d'un groupe de travail spécifique(Groupe des 9) particulièrement en ce qui concerne le statut , le recrutement et la formation .Ce groupe multiplia les initiatives : rencontres au Ministère de l'Education Nationale, pétitions et manifestations, campagne de communication auprès des parlementaires, de la presse. Malgré cette activité importante et des semblants d'ouverture des membres du cabinet Bayrou, Royal ,Allègre puis Lang et malgré l'urgence des mesures à prendre pour éviter la disparition annoncée des psychologues scolaires et des COPsy, les organisations ont le sentiment qu'aucune volonté politique, pour résoudre un problème qui traîne depuis quarante ans, n'anime les différents responsables qui se succèdent à la tête du Ministère .Ce refus récurant de dialogue social de la part des responsables, associé aux promesses de traiter le problème par ces mêmes responsables avant qu'ils ne soient aux commandes et notamment en période pré-electorale, provoque chez les psychologues de l'éducation découragement et colère ce qui s'est sans doute traduit comme dans d'autres catégories sociales , par des comportements électoraux qui ont contribué à provoquer la présence du front national au deuxième tour des élections présidentielles en mai dernier . Mais en même temps, les tergiversations de certaines organisations syndicales, associées au groupe des 9, puis s'en retirant sous divers prétextes, a pu être utilisé par l’employeur qui ne s'est pas privé de cultiver cette division et de la souligner comme lors de la table ronde de février-mars 2002 où le consensus des organisations de praticiens a été minimisé et le point de vue de personnalités, représentant l'administration ou siégeant à titre personnel, a été utilisé pour repousser encore une fois toute évolution du dossier .
Une psychologie de l'éducation pour le 21e siècle :
La situation de la psychologie de l'éducation en ce début de siècle est plus que préoccupante. Les départs à la retraite qui s'accélèrent comme nous l'avions prévus dès 1990 , réduisent l'efficacité des psychologues, aggravent leurs conditions de travail et conduisent à terme à la disparition pure et simple de la profession, tant dans le premier que dans le second degré. Cette situation exigent des mesures rapides de recrutement Il faudrait en effet recruter immédiatement(pour la rentrée scolaire 2002-2003) plus de 300 psychologues pour assurer uniquement le remplacement des départs, et beaucoup plus pour améliorer les capacités d'intervention et assurer la totalité des missions prévues .Or les conditions de recrutement actuel -pour les psychologues scolaires du premier degré- ne permettent pas de répondre à ces besoins immédiats . En effet il n'existe pas parmi les instituteurs et professeurs des écoles en poste un nombre suffisant de titulaires de diplômes de psychologie (minimum licence) volontaires pour effectuer la préparation du diplôme d'état .La condition d'exercice en classe ( 3 ans minimum) qui sert pourtant d'argument fondateur au recrutement interne (au motif qu'il faut être un (bon) enseignant pour être un (bon) psychologue scolaire) a été supprimée pour recruter des faisant fonction sous la pression des besoins sans permettre de combler les postes vacants . Les tentatives de certaines Inspections Académiques pour recruter des psychologues vacataires ( ce qui n'est certainement pas une solution satisfaisante ) a été refusée par le Ministère (mais cette interdiction n'existe pas pour les chefs d'établissements des lycées qui peuvent, ponctuellement, faire appel aux services de psychologues extérieurs à l'Education nationale ), mais on sait, qu'ici ou là, on utilise comme faisant fonction des enseignants qui n'ont pas les qualifications requises
Il faudrait donc que le Ministère admette le principe d'un recrutement externe (en plus de l'actuel recrutement interne) et organise dans l'année 2002-2003, ce concours ouvert aux titulaires d'un DESS de psychologie suivi, pour les candidats reçus, d'un stage d'adaptation au poste auprès d'un psychologue scolaire en exercice .
Au delà de ces mesures quantitatives d'extrême urgence une démarche plus qualitative et de transformation des pratiques doit être mise en œuvre .Mais en préalable , je voudrais régler le sort d'un stéréotype omniprésent chez les administrateurs de l'Education nationale ( du moins ceux qui sont sortis du sérail , inspecteurs de l'éducation nationale, inspecteurs d'académie, inspecteurs généraux de l'EN et qui sont amenés au hasard des changements politiques à occuper des postes de membres du Cabinet, de conseillers techniques ou de chargés de mission );Il s'agit de cette idée qu'on ne saurait être psychologue à l'école sans avoir été préalablement enseignant, faute de quoi on ne saurait avoir une appréciation pertinente de ce qu'est l'école, le travail du maître , les conditions d'apprentissage etc. .Il y a là une représentation erronée des modalités de connaissance d'un environnement de travail . Il est certes indispensable pour tout travailleur de connaître le contexte, et, s'agissant du domaine des ressources humaines, de connaître les systèmes relationnels et comportementaux, organisationnels et institutionnels de son cadre d'action . Pour autant l'idée que la seule voie de connaissance du milieu de l'école serait la fonction enseignante relève d'une vison limitée de ce qu'est une organisation aussi complexe .On pourrait arguer inversement que le fait d'avoir exercé pendant dix ans dans un cours élémentaire deuxième année de la même école ne permet pas d'avoir une vision approfondie de ce que sont les écoles, les enseignants, les élèves, les parents dans des lieux différents. Diverses observations ont également montré que l'ancien enseignant devenu psychologue , de retour à l'école après sa formation, n'était pas nécessairement bien perçu par ses anciens collègues et que des phénomènes de rivalité pouvaient facilement apparaître. Enfin des études étrangères , essentiellement américaines ont montré qu'après quelques années d'exercice, la différence entre les psychologues scolaires avec ou sans passé professionnel d'enseignant, n'était plus perceptible de manière significative . Si donc le psychologue en milieu scolaire a besoin de connaître son environnement de travail (tout comme le psychologue dans l'entreprise, l'hôpital, le milieu pénitentiaire ), cette connaissance se fera d'autant mieux qu'elle sera acquise dans les conditions réelles d'exercice . Ceci milite en faveur d'une solide formation pratique dans un service de psychologie, supervisée par un professionnel chevronné ,un peu dans les conditions où se déroule l'internat en médecine ou le stage professionnel dans d'autres métiers.
Quelle psychologie à l'école ou des psychologues pour quoi faire ?
Les mutations de la société française ont modifié le contexte dans lequel s'inscrit l'école et celle-ci tente, non sans peine de répondre aux interpellations du corps social qui réclame sa transformation . Les psychologues, tout comme les autres agents de l'école, sont concernés par cette problématique du changement et ils reçoivent des demandes toujours plus nombreuses et variées, tant de la part des enseignants et des familles, que des jeunes eux-mêmes . L'insatisfaction de nombreux psychologues scolaires qui constatent l'impossibilité de remplir leurs missions va de pair avec une insatisfaction d'une partie des usagers et des représentants de l'institution. [19]
Cette insatisfaction mutuelle peut s'expliquer par divers facteurs dont ceux liés à une pratique traditionnelle de la psychologie en milieu scolaire fondée sur un modèle de psychologie clinique individuelle telle qu'elle est mise en oeuvre dans les institutions de consultation et de soin psychologique .Or ce modèle se révèle mal adapté ou insuffisant pour traiter de l'ensemble des problèmes qui se posent à l'école .Avec le modèle de la clinique individuelle , le nombre croissant de demandes suppose une augmentation de l'effectif des praticiens et/ou une augmentation significative du temps d'intervention de chaque praticien ce qui dans la période actuelle ( réduction des dépenses de l'état et réduction du temps de travail) se révèle assez irréaliste . En outre, face aux nouvelle demandes qui sont faites à l'école et par l'école concernant le traitement des incivilités, des violences individuelles et collectives , des maltraitances et des abus sexuels, la gestion organisationnelle de l'école, la communication interne, l'épuisement professionnel et la santé mentale des enseignants , le développement de projets innovants , l'effet des nouvelles technologies sur la motivation et les apprentissages etc., un modèle unique d'intervention ne correspond pas aux demandes des acteurs de l'éducation .De plus, un praticien isolé, aussi bien formé et expérimenté soit il, ne saurait répondre à cette multiplicité de demandes. La solution à ce problème demande à mon sens, trois axes de réflexion :
un axe théorique : quel modèle explicatif du comportement humain est il le plus efficace pour traiter des questions d'ordre psychologique soumises par les acteurs de l'école. Un modèle écopsychologique et interactif (GUILLEMARD1997;2001)semble offrir un support pertinent à l'action.
Un axe ergonomique : chaque psychologue assure à la fois une intervention généraliste dans un secteur géographique déterminé et selon une répartition fondée sur le stade de développement des enfants concernés (petite enfance, enfance, adolescence et jeunes adultes )
Un axe organisationnel : Le travail en équipe au sein d'un service de psychologie de l'éducation [20]permet à la fois d'appliquer une politique nationale, régionale ou locale , d'offrir un service de proximité à une population relativement limitée, de disposer de ressources professionnelles spécialisées ben assurant la totalité des missions et de répondre au maximum des besoins de cette population .
Dans le domaine de l'aide aux élèves cette polyfonctionnalité des services permettrait d'assurer, par exemple, une aide à la gestion des groupes difficiles (instauration ou restauration de la cohésion dans un groupe -classe), la mise en place de groupes de parole (éventuellement associés à des entretiens individuels sur demande) , des interventions de prévention et d'éducation à la santé (en partenariat avec des médecins, infirmiers, éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux ),
Dans le domaine de l'aide aux enseignants et autres éducateurs (aide-éducateurs, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, surveillants, conseillers d'éducation...), des groupes de réflexion sur la pratique pourraient être systématiquement proposés ainsi que des séminaires de formation continue correspondant aux besoins des maîtres en matière de connaissance sur le développement de l'enfant et de l'adolescent et sur les aspects cognitifs et psychosociaux de la relation enseignant/enseigné.
Enfin l'aide aux parents pourrait se présenter sous la forme d'écoles de parents conçues comme des lieux d'échanges et correspondant aux groupes de réflexion sur la pratique destinés aux professionnels. Cette aide à l'implication des parents dans l'éducation de leurs enfants est unanimement réclamée par les groupements professionnels, les acteurs politiques, les média et elle ouvre un champ d'action considérable où les psychologues pourraient prendre une part importante .
Pourquoi des psychologues à l’école : conclusion ;
Jamais la demande d’éducation n’a été aussi importante en France , en Europe et dans le monde et il existe dans ce contexte une place à occuper par les psychologues à l’école et dans la communauté scolaire,
.par l’amélioration des comportement d’apprentissage des élèves et des conditions de ces apprentissages dans les institutions éducatives.
-par l’amélioration des compétences des enseignants dans le domaine de la connaissance psychologique des élèves , des processus d’apprentissage et du fonctionnement psychosociologique des groupes et des organisations,
- par l’aide aux décideurs politiques et aux administrateurs de l’école dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes d’éducation.
Les praticiens qui auront à s’engager dans cette voie ont besoin d’une formation à la fois spécifique (psychologie de l’éducation) et pluridisciplinaire . Plus que jamais l’éthique professionnelle constitue un cadre indispensable et le code de déontologie des psychologues doit faire l’objet d’un enseignement important aux étudiants et d’une réflexion permanente pour les praticiens et leurs organisations . L es instituts de formation professionnelle, devraient faire l’objet d’un audit régulier par une commission indépendante en ce qui concerne les contenus de formation dispensés et les modalités de préparation à l’emploi. Ils devraient aussi être chargés d’organiser et de coordonner la recherche et contribuer à l’élaboration d’un corpus théorico-pratique propre au champ de la psychologie de l’éducation.
On ne pourra non plus conserver éternellement cette séparation incongrue dans l’enseignement public entre le premier et le second degré. L’harmonisation des formations, la coordination des missions dans un service unique intervenant de la maternelle à l’université paraissent des mesure de bons sens pour une optimisation des ressource humaines disponibles .
La psychologie à l’école peut avoir de grande perspectives devant elle. Pour cela il lui faudra des femmes et des hommes entreprenant , dépassant les individualismes qui font encore partie de la culture professionnelle , et désireux de s’organiser de façon unitaire afin de mieux convaincre et la population et les responsables politique de leur utilité sociale ;C’est ce travail individuel et collectif de conviction qui permettra de traiter la question de la reconnaissance sociale , de l’identité professionnelle et du statut .
JC GUILLEMARD Dourdan, 3 mai 2002.
Bibliographie:
JC GUILLEMARD, Introduction et conclusion du Manuel pratique de psychologie en milieu éducatif ( sous la direction de S. GUILLARD et JC GUILLEMARD) Masson, Paris 1997.
JC GUILLEMARD,Approches psychosociales en psychologie scolaire : des pratiques alternatives pour remplir toutes les missions du psychologue in Les Psy et l’école (sous la direction de Marie Thérèse COLPIN) L’Harmattan, Paris 1999.
JC GUILLEMARD,Psychologie des organisations, analyse psychosociale du contexte et psychologie scolaire in Les écoles et le management (sous la direction de Georges Masclet) Aubin, Saint Etienne, 2001.
Footnotes: